Découvrez ci-dessous les textes qui ont fait l'objet d'une dadaïsation
Les hommes ne naissent égaux que sur l'utilité commune et les distinctions sociales demeurent libres et peuvent être fondées en droits.
(d'après l'Article 1er, de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789)
albatros est si voyageur de s'amuser de l'azur des grandes mers
qu'il est comme un poète exilé glissant sur des gouffres indolents
et souvent suivent maladroits ces hommes rois qui honteux et amers
en un veule navire se laissent traîner comme piteusement
qui des vastes nuées mime les ailes blanches
rit avec les oiseaux compagnons d'équipage
semblable au prince qui brûle à peine les planches
pour marcher au milieu sur ce sol de voyage
(d'après L'albatros, de Charles Baudelaire)
je me souviens
et quand mon cœur
mauvais
m'emporte
tout sonne
monotone
et suffocant
les violons
anciens
au delà des sanglots
des longs jours de vent
blessent l'heure
morte
et je m'en vais
je pleure l’automne
pareil à la langueur
d'une feuille
blême
(d'après Chanson d'automne, de Paul Verlaine)
et, comme à la rencontre fortuite d’une machine à dissection,
coudre une table sur un beau parapluie
(d'après la célèbre phrase de Lautréamont, citée par André Breton)
douceur d’être le temps du sommeil
métempsycose mes yeux inaccoutumés à la lumière inintelligible
fermaient ma raison aux adieux du chemin d’obscurité
le chant de la forêt déserte aussitôt sans réveil me détachait de mes réflexions
les yeux dormant voyageur étonné j’entendais des trains de silence dans la campagne éteinte
et le souvenir d'un quatuor éloigné me semblait souffler une douce croyance
antérieure à l’ heure étendue
dans mon esprit la nuit commençait
en hâte je recouvrais mon existence incompréhensible
obscure et reposante
un sifflement un oiseau m’éveillait à la pensée longtemps étrangère
que l’heure n’était qu’une station de secondes
j’étais les lieux les distances
un ouvrage à dire à chercher à devenir
une bougie qui apparaissait sous les écailles de ce temps couché
allumé et libre je n’avais qu’une chose à faire
rendre mes nouveaux yeux à la causerie qui parlait (tout) autour
(d'après l'incipit d'À la recherche du temps perdu, de Marcel Proust)